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5月17日

Le temps...

17/05/07.

 

Temps…

 

Depuis plusieurs mois, je cours après le temps… Le temps…

 

Course effrénée pour rembourser les dettes de la boite, pour accompagner les copains dans l'alcool, pour faire ma compta de la boite, pour bosser dans une 2éme boite en intérim.

 

Cela me laisse peu de temps pour être avec ma compagne, peu de temps pour être parmi les miens et aussi peu de temps pour me retrouver seul avec moi-même. Octobre 2006, on ferme le local commercial de la boite, nos créanciers sont déjà là depuis longtemps mais se font plus pressant.

 

Le chiffre d'affaire étant ce qu'il est, je me décide à reprendre un boulot. Aussitôt dit et presque aussitôt fait. Depuis décembre, j'enchaîne mission sur mission avec succès (on me propose des CDI à chaque fois…). Mais la pression est là, les créanciers sont là, faire une croix sur 20% de salaire (prime de précarité & congés payés) me paraît être le mauvais choix.

 

Plus vite je me débarrasse de ces boulets de créanciers, mieux je me porterai.

 

J'oubliais que l'on est ici pour parler d'alcool…

 

2H00 de route, 8H00 de boulot (repas compris), 1H30 à 2H00 d'administratif (compta, courrier pour la boite), cela couvre en terme de boulot entre 11H30 et 12H00 dans une journée.

 

Le sentiment de frustration de n'avoir pas pu tout réalisé dans la journée est très présent. Ne pas m'être correctement occupé des miens, de ma compagne, de mon Smotto, parce que trop pris par mes bidouilles financières de fin de mois (qui seront peut-être un jour la fin de moi tout court).

 

Le sentiment que l'on m'en demande toujours plus ou plutôt que je m'en demande toujours plus, que je n'y arriverai pas, que je ne parviendrai pas à "intégrer" tout ce que je dois prendre en "ligne de compte", situation personnelle (famille, couple), financière de la boite et personnelle (les deux sont intimement liées maintenant), que je sens que notre histoire bat de l'aile et que le temps me manque pour rattraper les erreurs que je commets.

 

Toutes ces émotions, sentiments, la vitesse à laquelle s'enchaîne les tâches à accomplir font qu'il m'arrive sérieusement de penser qu'un verre ne serait pas de trop pour détendre "l'élastique". Qu'un petit verre me permettrait de relâcher un peu de pression, d'être détendu et être un peu plus souriant et rigolard comme je sais l'être.

 

Facile, tout est si facile…

 

Et tout de suite après avoir pensé cela, je me souviens que dans l'alcool je pouvais tout assumer, boulot, responsabilité professionnelle, pression. AH, ça !!! J'assumais tout et même avec brio compte tenu de la situation d'alors.

 

J'assumais même tous mes lendemains d'alcool, autant dire tous les jours. Pire encore j'assumais mon égoïsme, mon amour sans partage pour mon alcool, le mal que je faisais aux miens. De ces deux comportements, celui d'alors et celui d'aujourd'hui, je ne sais presque pas quoi penser… Lequel des deux est le meilleur, le moins pire.

 

La frontière entre Alcoolique et Hors d'alcool est ténue.

 

Je tiens…

 

Ami, ne pense pas trop dans ces moments-là, ne bois pas. Demain sera meilleur…