Guy 的个人资料22 Ans d'alcool, constru...照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
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5月30日 Elodie...Elodie…
Bonsoir,
Elodie.
Elodie…
Je reçois ce commentaire d'une lectrice qui cherche à mettre son père sous curatelle pour le préserver de lui-même et de son alcool. Je suis contre la curatelle, je l'ai dit dans ce blog. Contre, parce que je crois à notre faculté à nous ressaisir nous même, à notre faculté à nous relever pour combattre notre alcool. Je crois en l'Homme.
En ce qui concerne la recherche de cette lectrice, je ne peux lui donner la procédure et d'ailleurs elle ne me le demande pas. Par contre, je peux répondre aux questions qu'elle me pose….
Lorsque j'ai ouvert ce blog, je l'ai voulu ouvert à tous. A tous les questionnements, à toutes les critiques aussi, c'est dans cet esprit que j'y réponds.
Ce blog fait mal. C'est surement vrai parce que je l'écris avec ce que j'ai vécu et continue à vivre avec les camarades que j'accompagne. Parce que presque tout dans la maladie alcool (ma maladie pour la Vie) est glauque et noir. De notre descente au fond à notre fin (tragique et/ou douloureuse), en passant par la solitude d'une Vie et surtout tout ceux que nous détruisons. Tout notre alcool n'est que misère, déchéance, solitude.
Presque tout est noir… Mais c'est une maladie que nous pouvons enrayer nous-mêmes, il y a de l'espoir et ce, pour tous les malades.
Oui, j'espère que ce blog fait mal. Parce que ces mots ne sont rien par rapport au malheur qu'engendre notre alcool. Combien de proches ont souffert, trop souffert ? Je suis désolé que vous ayez pris cela pour vous, Elodie. Mais quand je parlais de camarades qui préconisent la curatelle pour un des nôtres, il s'agit de camarades de l'association et non de proches (membres de la famille du malade).
En aucuns cas, je ne crois que les proches soient coupables de notre alcool. Nous buvons, avons bu, c'est notre responsabilité et non celle de nos proches ou de je ne sais quelle "bonne raison". Alors si vous avez cru être la raison de l'alcool de votre père, ne le croyez plus et persuadez vous-en si ce n'est pas déjà fait.
Pour le reste, il serait bien que vous rencontriez une association d'anciens buveurs qui intègre les proches des malades alcooliques. Vie Libre accueille les malades alcooliques, les proches des malades alcooliques aussi. En tant que proche de malade, vous y trouverez peut-être le moyen de mieux comprendre votre père.
En le comprenant mieux, vous trouverez peut-être le moyen de l'amener à communiquer avec lui. Peut-être viendra t-il même assister aux réunions…
Il existe d'autres mouvements d'anciens buveurs. Peu importe leurs noms, ce qui importe c'est que vous vous y sentiez bien et surtout que vous y trouviez l'aide dont vous avez besoin pour aider votre père à se sortir de sa maladie.
Dans la maladie alcool, que vous soyez proches de malade alcoolique ou malade alcoolique, il est très important de ne pas rester seul. Des associations existent, profitez de leur expérience.
N'hésitez pas à me contacter directement sur mon mail : guy_li@hotmail.fr
Adresse du site Vie Libre : www.vielibre.org
Amicalement,
Guy. 5月23日 Seuls...23/05/09.
Ami,
Addiction : État de besoin vis-à-vis d'une drogue ou d'une pratique (jeux, achats compulsifs...) qui marginalise l'individu et le met en souffrance.
Durant 22 ans, j'ai été accro à l'alcool. Au début, c'est un plaisir. Convivialité, ivresse, déshinibition, quel plaisir de boire !!! Vraiment…
A l'armée, je buvais une demi-bouteille de Bourbon par jour. Quand la "quille" s'est approchée, mon seul souci a été de savoir comment j'allais pouvoir boire tout cela à la maison avec Maman et Papa à côté. Heureusement, je me suis repris.
Le temps s'est écoulé. Les doses ont augmenté. Chaque jour, il m'en fallait un peu plus, pas beaucoup plus mais un peu plus… Après des années, ma consommation était devenue faramineuse. Il n'y avait plus pour moi qu'une chose de vraie : mon alcool.
J'ai détruit, j'ai certainement tué aussi avec mon alcool. J'ai tué mes proches, ma Famille. Et oui, rien ne comptait plus que mon alcool et peu importe ce que pensaient les personnes qui m'aimaient vraiment. C'est mon alcool, c'est ce que j'ai fait, ce que j'ai été et ce que je peux redevenir si je fais le MAUVAIS choix.
Aujourd'hui, il t'en faut un peu plus chaque jour. De cette dose d'adrénaline, de cette impression de vivre plus fort les moments que tu consacres au jeu, à TON jeu comme moi avec l'alcool, MON alcool.
Aujourd'hui, comme moi hier avec MON alcool, plus rien ne compte plus pour toi que TON jeu. J'insiste bien sur le fait que pour toi comme pour moi, il ne s'agit pas d'alcool ou de jeu mais bien de MON et TON ADDICTION. Toi aussi, tu es accro, addict au jeu.
Savoir que cette addiction est tienne à son importance.
Pour ma part, j'ai arrêté de boire le jour où j'ai atterri aux urgences à Pontoise. A vomir un mélange de bile et de sang durant plus de 48 heures, j'ai été admis aux urgences. Ce jour-là était le dernier pour moi.
Le dernier jour de ma vie, je l'ai vécu comme cela. En regardant Papa, Quang et Maï qui était venu m'accompagner, je me suis souvenu de tout ce que j'avais manqué de faire dans ma Vie. Tout ce que mon alcool m'avait laissé passé, tout ce que mon alcool avait détruit et la pauvre merde que j'étais devenu…
Je ne suis pas mort ce jour-là… et depuis j'ai décidé d'arrêter de boire et je m'y tiens coûte que coûte même si des fois, les aléas de la Vie m'y font penser. Un jour peut-être, je ferai le mauvais choix. Je souhaite que ce jour n'arrive jamais.
Les médecins, les psy m'ont appris que l'alcool est une addiction, une maladie. De cette "maladie", nous sommes nous même et pour nous même le seul médicament valable. Pour mieux comprendre les mécanismes de cette addiction, j'ai rencontré des gens. Ces gens qui sont pour la plupart devenus des amis, amies font partie d'une association d'anciens buveurs.
Voilà une petite partie de mon histoire, je garde le plus noir pour moi. Cela ne regarde que moi et ma conscience.
Ton histoire est pratiquement la même. Substitue Alcool par jeu. Et tu te reconnaitras peut-être.
Voilà comment je vois notre avenir pour nous autres, addictos.
A force de tromper, mentir pour assouvir notre addiction, nous blessons nos proches. Trop souvent, nous dirons que c'est la dernière fois, trop souvent nous le dirons à nos proches mais pire, à nous même et trop souvent nous y retournons, pour toi c'est le jeu, pour moi, c'était l'alcool. Et pour nous, alcooliques, nous nous retrouvons seuls. Plus de famille, plus d'amis, seuls…
Pour assouvir notre addiction, nous oublions tout. Tout ce qui est utile à notre survie. Les échéances à payer, nos obligations professionnelles, etc, etc… Ce qui nous conduit au caniveau, plus de boulot, plus de logement, plus rien. Nous devenons SDF et SEUL.
Il arrive un point où l'on se fout de tout sauf de NOTRE addiction, notre besoin que l'on croit à TORT, vital. Quelque soit la situation dans laquelle tu te trouves, arrête toi et fais le point. Réponds à ces questions, je n'ai pas besoin de ces réponses, elles sont là juste pour Toi.
Peux-tu te passer de jouer sans éprouver un manque ? Imagines-tu la Vie sans jeu et la dose d'adrénaline, de stress qu'il génère ? Peux-tu t'arrêter de jouer maintenant ? Si oui, qu'est ce que tu attends pour le faire ? Crois tu que c'est parce que tu as des dettes que tu dois jouer ? Si oui, le crois-tu vraiment ?
Si tu as été honnête avec toi-même et encore une fois, les réponses sont pour toi et non pour moi, ni même pour quiconque d'autre, tu vois que tu es accro au jeu.
Papa a dû te passer l'adresse d'un centre d'addictologie à Paris, va les voir et fais le point avec eux. Essaie, si tu entames cette démarche, de rencontrer tes semblables dans une association d'anciens joueurs.
Le prix à payer pour notre addiction est lourd. C'est l'Amour que te porte Ta Famille, tes Amis, le reste n'est rien. C'est juste du matériel parce que finalement lorsque nous crevons, nous sommes seuls.
Et oui, nous ne mourrons pas, nous crevons comme des bêtes. Parce que lorsque nous sommes à la fin de notre vie (de merde) d'addiction, nous sommes définitivement seuls. Crois-moi, j'en ai vu des copains mourir seul et j'en ai entendu des oraisons funèbres "à la con", bilan de vie de merde.
Pour finir, tu es ton seul remède à Toi-même. C'est juste une question de réflexion et de choix.
Juste une question de choix de Vie, Ami.
Tu peux compter sur Ta Famille pour t'épauler si tu décides de t'en sortir, il te suffit de faire le bon choix, de te reconnaitre aussi "accro" au jeu (même si cela est très difficile).
Guy. 5月6日 Présent, Passé…06/05/09.
Présent, Passé…
Il saisit une bouteille de gin vide, nous la montre, puis la jette à travers la pièce. Cela fait bien dix minutes qu'il vide son sac, qu'il énumère les égarements de sa compagne dans l'alcool. Il finit par nous raccompagner en s'excusant de nous avoir tout dit, tout en nous disant combien il regrettait de nous avoir invité chez lui, en éructant une nouvelle fois contre l'enfer qu'il vit, qu'ils vivent.
Il en veut au monde entier. Je le comprends… Il est presque au bout du rouleau.
Cela me renvoie quelques années en arrière. Je revois le désarroi de ma Famille lorsque j'étais dans mon alcool. Je revois mon père saisir mes "cadavres" et les jeter. Je suis "dans le bain", je sais exactement ce que va me dire cet homme parce que ce qu'il me dit sur sa compagne, mes proches me l'ont dit aussi il y a quelques années.
J'en éprouve un malaise, ces vérités que nous nous prenons en pleine gueule me renvoient dans un passé que j'aimerais ne pas trop remuer. Ne pas oublier son passé mais continuer à vivre et avancer… C'est un peu beaucoup ma devise. Mais là, je suis dans le bain.
Je lui propose de venir assister à une permanence de l'association, il m'assure que non, il ne viendra pas. Il prend tout de même soin de nous demander le lieu et l'heure de la prochaine. J'ai espéré le voir venir, j'ai espéré, pour lui, pour sa compagne "encore dedans", pour nous aussi, qu'il vienne.
Que nous ayons l'occasion d'échanger nos points de vue, histoire de peut-être changer sa vision du problème et de nous, mieux comprendre le point de vue des proches.
Il n'est pas venu.
Je sais plus encore qui j'ai été dans l'alcool, je sais ce que je suis devenu hors d'alcool.
Je sais et je n'oublie pas hier. 5月3日 Comment te dire...03/05/09.
Comment te dire ?
L'Amitié nous amène à faire des compromis, compromis sur nos propres travers, sur les travers de nos Amies(is). L'Amitié nous fait mieux accepter nos différences. Aimer d'Amitié, c'est aussi craindre de perdre ses Amis.
Amie, que je respecte, je te vois re-sombrer dans notre enfer, dans notre Alcool. Et je suis là, bras ballants…
Te le dire et risquer de perdre une de mes amies, ne pas te le dire et te voir tomber… Que faire ? Je croyais pouvoir dire les vérités, toutes les vérités, rester intègre, entier. Sans compromis.
Femme de caractère, certains diront même de sale caractère, je n'ose pas te dire la Vérité, ton actuel état.
Je sais que tu sais que nous voyons ta chute.
Je réfléchis, tourne la question dans tous les sens et pour une fois, je ne sais pas quoi dire, quoi faire… Ce n'est pas comme si j'accompagnais, parce qu'avec Toi, je n'accompagne pas, j'espère juste mériter ton amitié.
L'Amitié, c'est aussi la Confiance. Avoir confiance… Dans nos alcools, nous savons que c'est difficile. L'alcool sera-t-il le plus fort ? La Femme ou l'Homme sera-t-il plus fort que son Alcool ? Bien malin qui saura le dire, mon Amie.
Alors je temporise, je me dis que mon Respect à ton égard me force à ne rien faire. Te le dire, c'est risquer de perdre ton Amitié et cela me couterait, comme cela couterait à nombre de tes Amis sincères.
Comment te dire ?
Je fais confiance pour l'instant… Je te fais confiance pour l'instant et me dis que tu vas te reprendre, que tu vas reprendre ta vie en main. Parce que je crois en Toi…
Ne tarde pas, mon Amie.
Ne tarde pas parce que je sens venir le moment où je te dirai cette Vérité, mon amie.
J'ai confiance et j'attends…
Avec toute mon Amitié. |
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